Grandes familles, minimalisme et zéro déchet: c’est possible !

Un commentaire auquel nous sommes souvent confrontées quand nous affirmons avoir un mode de vie zéro déchet et minimaliste, c’est: «On le sait bin! T’as pas d’enfants. Attends d’avoir des enfants, tu vas voir que tu vas changer d’idée».

Non justement. Parce que si j ‘ai des enfants, je voudrai que mon empreinte écologique demeure la plus basse. On a alors demandé à une grande famille (2 adultes, 4 jeunes enfants) leurs trucs pour continuer à être écolos après la naissance des enfants. On voit donc que le minimalisme et le zéro déchet est un mode de vie pour tous, et un maudit bon modèle à montrer à nos enfants!

Voici donc l’entrevue que nous avons faite avec Patrick !

Comment êtes-vous embarqués dans la grande aventure du zéro déchet?


Environnementalistes depuis longtemps, Marie-Anne et moi avons fait le choix du mode de vie zéro déchet après nous être renseignés sur le sujet. Nous avons décidé de commencer  avec le défi « un mois sans plastique » en juillet 2017 afin d’y aller de façon graduelle.

Puis, nous avons pris la décision de nous convertir aux couches lavables pour notre troisième enfant après avoir constaté que ce n’était pas si compliqué  ni aussi rebutant qu’on peut croire. 


Parallèlement, nous avons vu une augmentation des options pour pouvoir nous aider à tendre vers cet objectif avec la décision de Bulk Barn d’accepter les contenants réutilisables quelques mois auparavant  et l’ouverture de l’épicerie zéro déchet Nu à Ottawa. Graduellement, nous avons commencé à éliminer les emballages à usage unique en trouvant une option de rechange. Nous avons dû renoncer à quelques éléments n’étant pas disponible en « version » zéro déchet, mais rien qui a changé de façon majeure notre vie quotidienne. Et je pense qu’il s’agit là de la clé pour changer nos habitudes de vie. C’est d’y aller graduellement, en éliminant petit à petit les éléments les plus faciles. 

Et les enfants, dans tout ça?

Nous avons également mis les enfants dans le coup en les sensibilisant aux raisons de réduire les déchets dans notre vie. Pour les lunchs de mon fils, ça signifie souvent des restes pouvant être mis dans un thermos ou encore des sandwichs avec des protéines non emballées dans du plastique (thon en canne, viande froide achetée en vrac chez Wakim, etc.)

Pour les collations, ce sont des fruits pris en vrac dans une épicerie traditionnelle, des collations prises en vrac chez Bulk Barn, des biscuits/muffins faits maison ou du yogourt de chez Nu dont le pot est consigné (j’y ajoute du sirop d’érable et des graines de chanvre en vrac).

De pair avec le minimalisme


Ce virage est consistant avec des pratiques et une philosophie pour lesquels nous étions déjà un peu embarqués. En effet, du moment où nous avons fondé notre famille, nous avons privilégié la réutilisation en reprenant plusieurs des vêtements, en particulier ceux de mon neveu pour notre premier fils, ainsi que de notre nièce pour notre deuxième. Nous avons prêté ces mêmes vêtements pour d’autres neveux et nièces, et nous avons décidé de nous tourner davantage vers les boutiques de vêtements usagés pour enfants comme le Grenier d’Amélie ou encore le Boomerang Kids. Autant d’un point de vue environnemental que financier, ces choix sont définitivement les plus intéressants.


Pour des objets tels que les sièges d’autos, il est généralement déconseillé de les prendre usagés puisque leur historique est souvent inconnu. Toutefois, nous avons la chance d’avoir plusieurs amis avec des enfants, ce qui fait que nous avons pu faire des échanges de sièges d’autos dont nous savions l’historique. Sinon, pour tout le reste, les objets usagés utiles pour enfants abondent sur les sites de ventes en ligne.

Habiter près d’où on «vit»


En ce qui concerne notre mode de vie en général, nous avons également fait des choix pour réduire notre empreinte environnementale, tout en améliorant notre qualité de vie. Suite à un passage de quelques années dans les Hautes-Plaines, nous avons fait le choix de déménager plus près du centre-ville, dans Wrightville, un quartier mature, mixte et chaleureux au sein duquel plusieurs personnes de la génération des baby-boomers commencent à vendre leur maison unifamiliale au profit des jeunes familles.

Ce déménagement nous a permis de nous départir de notre deuxième voiture et, dans mon cas, de me permettre de me déplacer davantage en transport actif ou en transport collectif au travail et pour le travail (selon la saison, je ne me suis pas encore lancé dans le vélo d’hiver). Notre désormais famille nombreuse ne nous a pas permis de conserver une voiture compacte (Toyota Corolla) et nous avons dû nous résigner à nous tourner vers un véhicule plus gros et plus énergivore. Considérant qu’une fourgonnette consomme autant d’essence, et que c’est un type de voiture qui ne nous intéressait pas, nous avons opté pour un VUS six places. Nous avons fait plusieurs recherches afin de voir si un modèle hybride ou électrique était disponible à prix raisonnable pour une voiture de ce format, mais ce n’était malheureusement pas le cas.

La place des objets dans la famille


Au plan de la place des objets dans notre famille, nous avons graduellement revu notre approche. Avec une famille, il est facile d’accumuler plusieurs objets inutiles dont les enfants se servent peu ou pas.Un travail a dû être fait pour conscientiser les enfants pour diminuer l’importance des cadeaux aux anniversaires et nous avons même expérimenté les fêtes sans cadeau où une activité était privilégiée. Bien qu’il soit difficile d’éliminer complètement les cadeaux, nous avons tout de même réussi à réduire l’ampleur, ce qui est déjà un progrès par rapport à la situation usuelle. Cette philosophie minimaliste, nous tentons de l’intégrer jour après jour dans nos façons de faire. 

Pour des engagements gouvernementaux plus forts!


On pourrait terminer en disant qu’en ce qui a trait au mode de vie zéro déchet en particulier, ça demeure un objectif et qu’encore aujourd’hui nous avons du travail à faire pour éviter et éliminer certains déchets qui demeurent dans nos vies (on a qu’à penser aux fameux bonbons d’Halloween…!).

Ceci dit, bien que nous soyons fiers des efforts que nous mettons au plan individuel pour réduire notre empreinte environnementale, il demeure que la société doit aussi continuer de travailler à mettre en place les conditions favorables pour faciliter des comportements plus écolos. La pression ne doit pas seulement être sur les épaules des individus, elle doit aussi être mise sur les entreprises et le gouvernement, par l’adoption de réglementations plus sévères visant à influencer le marché et les comportements. Oui les consommateurs peuvent faire leur bout de chemin, mais on n’opère pas des changements aussi fondamentaux dans la vie des gens seulement par la sensibilisation. Il faut des options et il faut des incitatifs à changer nos comportements. Famille ou pas, nos vies sont déjà très compliquées, si on veut encourager les gens à changer, il faut des options crédibles et accessibles.

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